Un curé dans la famille (3e partie)

Le « nouveau presbytère » de La Gouesnière

Et si nous faisions un peu de généalogie « immobilière » en nous penchant cette fois sur le presbytère de la paroisse, qui abrita Jules REVEL pendant ses trente années d’exercice en tant que recteur de La Gouesnière !

Lorsqu’il arrive à La Gouesnière en cette fin 1888, Jules REVEL s’installe dans ce qu’on nomme alors le « nouveau presbytère ». L’ancien, jugé trop vétuste en 1847, a fait place à un nouveau bâtiment, terminé en 1852. Le livre de paroisse nous en donne une description très détaillée, qui devient encore plus parlante lorsqu’on la compare aux photos existantes du bâtiment :eglise-et-presbytere-2-la-gouesniere

« La maison principale se compose, au rez-de-chaussée, de deux petites salles que l’on peut réunir au moyen d’une cloison mobile ; d’une cuisine, d’une chambre pour la domestique et d’une petite pièce prise sur le corridor. Au premier étage, quatre chambres à feu, deux cabinets dont l’un peut contenir un lit et trois petits cabinets de toilette. L’exposition est nord et sud […]. On a fait, dans la partie nord du grenier, une mansarde à deux lits […].

eglise-et-presbytere-la-gouesniereLe presbytère est séparé au nord de la route de Dol à Saint-Malo par
une cour carrée flanquée à l’est et à l’ouest de deux bâtiments très bas, dont l’un contient la buanderie et le cellier et l’autre deux pièces d’égale dimension pour divers usages […]. Le jardin, le presbytère et la cour contiennent ensemble 18 ares 80 [soit 1 880m2]. Le tout est enclos de murs. Le jardin communique avec une petite pièce de terre appelée la Noë, d’une contenance d’environ 16 centiares (16m2) et qui, depuis longtemps, rapporte à la cure une rente annuelle de 90 francs. Cette rente a été réduite à 27 fr. depuis 1874 que le recteur s’en réserve la jouissance d’une partie de cette petite pièce de terre. »

On peut légitimement se demander l’utilité de tant de chambres pour deux hommes (le recteur et son vicaire) et une domestique. Une réponse nous est donnée, toujours dans le livre de paroisse qui relate que le 31 août 1892, le 47e régiment de ligne de Saint-Malo part effectuer des manœuvres en Normandie et que la première étape de ce déplacement se fait à La Gouesnière. Le colonel Charpentier « avait exprimé le désir de loger au presbytère. M. le recteur s’empressa de répondre qu’il considérait comme un grand honneur de donner l’hospitalité au commandant du 47e et deux autres officiers ». Occasionnellement donc, le presbytère permettait de recevoir des personnalités de passage dans le village.

C’est dans ce bâtiment du presbytère que Jules REVEL s’éteindra le 1er août 1917, à l’âge de 73 ans.

Aujourd’hui, à l’ancien emplacement du « nouveau presbytère », c’est la mairie du village qui se dresse fièrement, symbole indéniable de la victoire de la République sur l’Église si chère à Jules REVEL.

 

 

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