Lignes de faille (roman)

Nancy Huston – Lignes de faille
Actes Sud, 2006 (format poche : J’ai Lu, 2011)

Couverture Lignes de failleLa psychogénéalogie vous intéresse ? Alors ne passez pas à côté de ce roman de la franco-canadienne Nancy Huston. Lignes de faille raconte l’histoire d’une famille sur quatre générations à travers la transmission d’une tache de naissance. En nous plongeant à chaque fois dans le quotidien d’un enfant de six ans (Sol d’abord,
6 ans en 2004 ; puis Randall, son père, en 1982 ; Sadie, la grand-mère, en 1962 ; et enfin Kristina, l’AGM, en 1944-45), l’auteur lève peu à peu le voile sur le lourd héritage qui gangrène cette famille.

 On ne peut pas construire un avenir ensemble si on ne connaît pas la vérité sur notre passé. N’est-ce pas ? »

Des États-Unis à l’Ukraine en passant par la Pologne, le Canada, l’Allemagne et Israël, ce roman « à rebours » est tout aussi cosmopolite dans les thèmes qu’il aborde : héritage génétique, apprentissage de la parole et des langues, éducation des enfants… Mais il révèle surtout un épisode méconnu de la Seconde Guerre mondiale, le « trafic » d’enfants réalisé par le régime nazi, qui enleva de jeunes enfants blonds aux yeux bleus à leurs familles d’Europe de l’est avant de les proposer à l’adoption à des familles allemandes, partisanes du régime fasciste. Sur l’ordre d’Himmler, plus de 200 000 enfants furent ainsi volés à leur famille entre 1940 et 1945. À la fin de la guerre, seuls 40 000 d’entre eux purent recouvrer leur véritable identité… Parce qu’il arrive à nous plonger dans chaque époque, pour y suivre chaque destin, de façon très immersive grâce à un foisonnement de détails, Lignes de faille est le genre de livre qu’on a envie de relire à peine la dernière page terminée.

  • On a beaucoup aimé : la façon dont chaque partie renferme des indices permettant de mieux comprendre les autres générations et de les enrichir, quel que soit l’ordre dans lequel on les lit.
  • On a moins aimé : les trente premières pages, dont la violence verbale (mort et sexe) est particulièrement choquante. Mais c’est un cap nécessaire à passer pour entrer dans l’histoire.
  • Pour aller plus loin : Boris Thiolay, Lebensborn, la fabrique des enfants parfaits : enquête sur ces Français nés dans les maternités SS, Flammarion, 2012 (format poche : J’ai Lu, 2014)
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